La puissance de la métaphore de Platon à aujourd’hui

De Platon aux réseaux sociaux, les métaphores, qu’elles soient, verbales ou visuelles, transportent le sens et utilisent les codes et évolutions des sociétés.

En coaching, l’utilisation de la métaphore permet de court-circuiter les barrières rationnelles et ouvre le champ des possibles.

La métaphore protéiforme

Une métaphore selon le Larousse est un procédé par lequel on transporte la signification propre d’un mot à une autre signification qui ne lui convient qu’en vertu d’une comparaison sous entendue.

Autrement dit, la métaphore est un procédé de langage ou figure de style qui consiste à désigner une chose par une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle.

Elle s’invite dans notre vie de tous les jours au travers de métaphores verbales « la fleur de l’âge, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le verre à moitié plein, au pied du mur, les bras m’en tombent… ». Elle est utilisée dans la littérature, la poésie et la philosophie « le mythe de la caverne Platon » « les fables de La Fontaine ».

La métaphore peut être également visuelle, évoquant le symbole par l’image :

pensée

La métaphore, toucher le cœur pour mobiliser le plus grand nombre

Au-delà de la figure de style et du symbole, elle est un outil utilisé au service de la communication.

Ainsi la publicité connecte parfois un produit à un support émotionnel sans rapport avec le produit vendu.  Une très belle femme et une voiture puissante ou un lapin en peluche et un fournisseur de carburant par exemple.

La métaphore peut rassembler les foules autour d’un projet politique ou stratégique. Compte tenu de l’interprétation de l’image propre à chacun, les désillusions succèdent à l’enthousiasme quand le contenu révélé ne correspond pas à ce que l’on avait imaginé.

L’outil métaphorique en coaching :  libérer la parole, connecter le cœur

J’utilise la métaphore pour libérer la parole et permettre à mes clients de se connecter à leurs émotions selon leurs références symboliques.

Un exemple d’outil : L’arbre de vie professionnelle

Arbre

  

Pour Emma qui s’interroge sur son projet professionnel, j’utilise le dessin de l’arbre de vie professionnelle comme outil métaphorique. A ma demande elle a dessiné en songeant à son projet, la représentation de son arbre de vie professionnelle, des racines au feuillage. Emma n’a aucune idée du comment pourra être utilisée chaque partie de son dessin.

Les racines, une métaphore de l’identité, du sens et de l’énergie

Pour remplir les racines, je demande à Emma de répondre à la question des personnes réelles ou symboliques (encore des métaphores) qui portent ce projet d’aujourd’hui. L’exercice permet de travailler sur son identité, ce qui est essentiel pour elle. Elle renforce ou réinterroge ainsi sa motivation.

Le nombre de racines montre d’emblée la richesse ou la simplicité dans l’identité de la personne. Le cerveau a dessiné l’arbre préalablement aux réponses apportées aux question du coach, le nombre de racines est rarement mal évalué.

Il permet également d’identifier les racines à impact émotionnel négatif (un licenciement mal vécu comme préalable à une reconversion par exemple).

L’exercice aboutit à clarifier en très peu de temps ce qui va alimenter la motivation de la personne pour son projet et ce qui pourrait être un frein.

Pour Emma en phase de découragement sur la réalisation de son projet, le processus de questionnement lui semble plus doux et moins culpabilisant que des questions directes et rationnelles de type « pourquoi choisissez-vous ce projet et qu’est ce qui peut vous empêcher de le réaliser ? ». Le coté ludique et décalé allège l’enjeu du questionnement pour la personne. C’est Emma qui dessine et écrit, et se met ainsi en action pour réfléchir et ouvrir toutes les portes.

Le tronc est la partie qui porte le projet.

Il permet d’exprimer ses valeurs, compétences, capacités, savoir- faire et savoir-être au service de son ambition. La largeur du tronc montre l’étendue de ce que la personne reconnait comme acquis pour porter son projet. Un petit tronc permet de travailler sur l’image que la personne a d’elle-même comme porteur de projet. Un tronc important et à moitié vide, oblige la personne à sortir d’une modestie malvenue pour aller trouver les trésors qu’elle a en elle. Les mots posés près des racines sont souvent des savoirs être ou des valeurs de bases. Ceux proches des branches sont les derniers et très souvent les plus importants pour porter le projet.

 Comment réaliser son ambition : les branches de l’arbre

Alimenter les branches consiste à définir les parties ou alternatives du projet. La quantité des branches et leurs ramifications parlent de l’état plus ou moins avancé du projet et des décisions à prendre en cas d’alternative. Emma regarde son arbre et prend conscience de là où elle en est, du chemin qui reste à parcourir, des axes qu’elle a décidé inconsciemment de développer ou au contraire de garder en suspens lorsqu’elle a dessiné son arbre.  La place et la taille des branches, au cœur ou à la périphérie de l’arbre, contribue à faire émerger le développement d’une idée latente. Une branche vide au cœur d’un arbre parle souvent d’une composante essentielle du projet que la personne ne s’avoue pas. Arriver à la remplir est souvent un moment de révélation à forte intensité émotionnelle.

Dans le feuillage se trouvent les ressources

Remplir les feuilles permet d’évoquer un sujet souvent oublié dans un projet et parfois tabou : les ressources, le réseau, les aides qui existent et dont la personne n’a pas toujours conscience. Pourtant la plupart des arbres ont des feuilles en nombre important. La révélation de ces ressources permet à Emma de se sentir moins seule pour faire aboutir son projet, et d’accepter cette aide comme partie intégrée dans son projet.

La métaphore de l’arbre de vie professionnelle mène au concret et renforce d’autant plus la solidité du projet qu’il est dessiné par Emma elle-même.

C’est toute la puissance des métaphores qui permet de  faire émerger ce que le cœur sait que la raison ne connaît pas .

 Article rédigé par Nathalie Rault (Neocoach Grenoble) et Regine Diefenthal (Neocoach Val d’Oise)